Après plus de deux années de pratique du marché et de la plateforme Cloud/IaaS d’Amazon (AWS), nous souhaitions partager notre rétrospective de cette première phase d’adoption. Au delà des discours marketing et prospectifs sur le Cloud, il nous apparait intéressant de partager un retour du terrain. Durant ces deux années, nous avons informé, évangélisé, déployé, formé et migré nombre d’organisations sur le Cloud Amazon Web Services (AWS). De ces expériences, nous nous sommes forgés de profondes convictions et identifié des profils d’utilisateurs du IaaS d’Amazon.

Alors qui sont ces entreprises Françaises qui adoptent les IaaS (Infrastructure as a service) ?

A ce stade de la courbe d’adoption, il s’agit encore de structures petites à moyennes, qui répondent chacune à des motivations différentes :

Pour les petites, il s’agit de disposer d’une plateforme robuste et réputée. La robustesse viendra fidéliser les clients ou utilisateurs de leur service. Quant à la réputation d’Amazon, elle rassure les investisseurs ou la direction de ces petites structures. Pour ces acteurs, le frein d’adoption est le coût qu’entraine un changement de gamme d’hébergement. Souvent habituées à un hébergement low-cost, ces entreprises perçoivent la migration chez Amazon comme un rite de passage dans la professionnalisation de leur IT. Elles ont d’ailleurs raison sur ce point et sous-estiment encore l’incroyable levier technique que va constituer la plateforme une fois intégrée et maitrisée par leurs équipes.

Pour les PME déjà bien établies, les motivations sont différentes. Ces PME (parfois importantes et très visibles sur leur marché ou métier) possèdent une DSI. Ces PME établies (essentiellement dans le domaine des médias et du retails) exercent sur des marchés très compétitifs où le délai de mise à disposition d’un service ou d’une fonctionnalité est stratégique. Ces DSI d’un nouveau genre, ont toutes un point commun : elles ont estompé la frontière entre le BUILD et le RUN. Agile ou pas Agile ces organisations ont fait sauter les silos entre la Production et le Développement. Non pas que la production ne soit pas gérée et sanctuarisée par des équipes d’ingénieurs dédiés, mais plutôt que ces équipes et infrastructures sont organisées et outillées pour livrer souvent et vite (cf. Continous Delivery 1).

L’offre IaaS d’Amazon est faite pour eux et vient compléter un dispositif de performance globale de leur IT. En effet, les offres IaaS n’offrent pas uniquement de l’infrastructure sous forme de services, elles rendent possible la programmation et donc l’industrialisation de son infrastructure : l’infrastructure elle-même est exposée sous forme d’API unifiée. Chez Amazon, tout est scriptable ou programmatique : créer un serveur, lancer 4 instances, Ajouter des noeuds dans des fermes, …. Evidement, d’aucuns diront que nos équipements réseaux, nos hyperviseurs ou DNS possèdent leurs API respectives et que cette industrialisation est aussi possible ailleurs. C’est théoriquement exact. Néanmoins, ayant passé plusieurs années dans les Datacenter classiques à gérer des équipes multi-compétentes (système, réseau, Web), je vous laisserais découvrir la complexité unitaire des éléments d’une part et l’hétérogénéité des compétences nécessaires d’autre part  pour scripter votre infrastructure chez un hébergeur classique …

Par conséquent, beaucoup de migrations vers AWS se sont accompagnées d’une phase d’industrialisation du RUN. Plus précisément, la plateforme rend accessible à un plus grand nombre des outils et pratiques auparavant réservés à des grandes organisations disposant de budgets SI importants. Cette démocratisation de l’accès aux environnements à haute-disponibilité n’est pas sans rappeler ce qu’a permis l’Open-Source il y a quelques années (Serveurs d’applications professionnels pour tous, ERP pour un plus grand nombre, SGBD Pro pour tous, …).

Et les grandes DSI ?

Il est évident que la migration des environnements de production des banques des telco et autres gros consommateurs d’IT n’est pas d’actualité.

Le IaaS permet d’accéder rapidement à un niveau élevé d’industrialisation et de fiabilité. Les grandes DSI disposent déjà en partie d’un tel niveau. Nous avons souvent rencontré des directions nous narrant qu’elles avaient « (…)reproduit Google dans leur Datacenter(…) » ou dans le Datacenter de leur infogéreur. Plus modestement l’association des progrès de ces dernières années sur les infrastructures et la puissance des dernières générations d’hyperviseur de virtualisation (ex: vSphere 4 de VMWARE) ont permis aux grandes DSI d’apporter un peu de flexibilité dans leurs infrastructures qui en manquaient grandement : naissance des cloud privés …

Pourtant certains usages déclenchent les premières réflexions sur l’utilisation des offres IaaS dans ce que le marché désigne aujourd’hui par le terme « Cloud Hybrid » :

  • Mise à disposition d’environnements de développement partagés (entre le client et ses partenaires de TMA)
  • Déploiement d’environnements éphémères de tests (ex: tests de charge)
  • Mise en place d’un PRA/PCA (Reprise et Continuité d’activité)

Amazon 2011 – 2013 ?

 

Disposer d’une infrastructure robuste, flexible et multi-datacenter constitue pour ces grandes PME un avantage concurrentiel (ex: pic de charge à noël ou suite à l’actualité pour certains, capacité à déployer sur la plaque Asie pour d’autres). Il est donc à prévoir une accélération de l’adoption chez ces organisations de moins 1000 personnes.

A l’instar de ce qui se passe de l’autre côté de l’atlantique, notre conviction est que ses organisations accroissent fortement leurs performances IT et se dotent des meilleures pratiques pour être alignées avec les fluctuations des demandes métiers :

  • Infrastructures robustes et élastiques
  • Livraison rapide et fréquente d’applications

Par conséquent, nul ne pourra ignorer longtemps les différences de performances de l’IT d’un acteur à un autre ….

(1) Continous Delivery http://www.continuousdelivery.com/