Qu’est-ce donc que l’Architecture ?

La question m’a été posé à maintes reprises. En effet, j’exerce ce métier un peu original d’architecte des SI. Bien des fois, j’ai éludé la question, d’autres fois, j’ai tenté d’apporter une réponse. Mais, la question est toujours resté présente dans mon esprit. Et c’est en tombant, un peu par hasard, sur une définition particulièrement éclairante, que j’ai trouvé la réponse.

Au temps des romains déjà …

Cette définition provient du plus ancien traité sur le sujet, « De architectura« , l’œuvre de l’architecte romain Vitruve.

L’architecture est une science qui embrasse une grande variété d’études et de connaissances ; elle connaît et juge de toutes les productions des autres arts. Elle est le fruit de la pratique et de la théorie. La pratique est la conception même, continuée et travaillée par l’exercice, qui se réalise par l’acte donnant à la matière destinée à un ouvrage quelconque, la forme que présente un dessin. La théorie, au contraire, consiste à démontrer, à expliquer la justesse, la convenance des proportions des objets travaillés.

D’après ce traité, l’architecture cherche à établir une combinaison harmonieuse et équilibrée de trois principes contradictoires :

  • la beauté (venustas),
  • la solidité (firmitas),
  • l’utilité (utilitas).

C’est tout simplement ça l’architecture! Chercher à établir un équilibre parfait entre fonction, structure et forme. Tout le reste ne serait alors que détail.

De Vitruve à ISO 9126 …

La définition est valable aussi bien pour un édifice, un ouvrage de génie civile, un engin de guerre, mais aussi un système d’information. On peut d’ailleurs établir une correspondance entre ces attributs fondamentaux et le standard international pour l’évaluation de la qualité logiciel, ISO 9126.

  • L’utilité correspond alors aux caractéristiques functionality et usability,
  • la solidité aux caractéristiques reliability et efficiency,
  • et la beauté aux caractéristiques maintainability et portability.

La mission de l’architecte

Les cadres, ou référentiels d’architecture, tels que Zachman ou TOGAF, permettent de structurer le travail d’architecture en définissant différentes vues ou niveaux. Ainsi, le référentiel d’architecture d’entreprise TOGAF définit 4 niveaux :

  • l’architecture métier, qui définit la stratégie métier, la gouvernance, l’organisation et les processus métier clés ;
  • l’architecture applicative, qui définit le parc applicatif de l’entreprise, les interactions entre applications et la couverture fonctionnelle des applications ;
  • l’architecture de données, qui décrit la structure et l’organisation des données au niveau logique et physique, les référentiels de données ainsi que la manière avec laquelle ces données sont gérées ;
  • et enfin, l’architecture technique (ou technologique), qui décrit l’infrastructure logicielle, matérielle et réseau, nécessaire au déploiement des données et des applications.

Pour les différents vues, l’architecte doit cartographier l’existant, définir la cible et tracer le plan de migration. La mission de l’architecte, qu’il soit technique ou fonctionnel, est donc finalement de définir cette cible en combinant utilité, solidité et beauté.