Le 18 janvier 2011, nous assistions à une conférence sur les stratégies de test et plus spécifiquement sur l’automatisation, l’industrialisation, l’externalisation et le pilotage par les tests. Des décideurs informatiques agissant majoritairement dans les secteurs Banque et Assurance (Société Générale, HSBC) mais aussi Industrie (GEFCO) ont partagé leurs expériences. Ces stratégies de tests ont été mises en place afin d’atteindre les objectifs suivants :

  • une revalorisation de l’ensemble des compétences des équipes de test
  • la réduction des cycles de vie du test
  • l’amélioration du service client

La concurrence des marchés des banques, assurances et industries est telle que le Time to market (le plus court possible) et la qualité logicielle (la plus grande possible) deviennent nécessaire pour survivre! Il faut donc industrialiser les développements logiciels qui relèvent aujourd’hui dans la plupart des cas de l’artisanat!! Comment? Nous allons le voir brièvement au travers des différentes actions, qui nous ont été présentées.

Revalorisation du métier de testeur pour fabriquer un logiciel de qualité

Les SI du secteur bancaire sont complexes et imbriqués. Les produits financiers, générés par plusieurs applications informatiques, demandent des phases de tests très lourdes et des délais courts de mise en production. A la Société Générale, la mise en place d’une usine de test a commencé par une revalorisation du métier de testeur, jusque là considéré comme une “sous-fonction” de la MOA dans l’entreprise. La transformation des pratiques de tests passe par des campagnes de formation (avec certification à l’appui) et par une sensibilisation aux métiers de testeurs à l’ensemble des acteurs de la DSI. Ils permettent d’asseoir leur stratégie de tests.

Refonte des processus et de l’organisation pour réduire les cycles de vie des tests

Chez HSBC, l’industrialisation des tests a débuté dans les années 2000 dans l’optique de capitaliser sur les tests de non-régression. En 2009, un nouveau seuil a encore été franchi avec la réduction des cycles de vie des tests via la refonte des processus et des procédures d’automatisation de la recette. Cette automatisation suppose une refonte et un enrichissement récurrent des automates de test, une création de référentiels de tests, une fusion des équipes d’ingénieurs d’automatisation et des équipes de test, et surtout un renforcement des ressources de conception des tests en amont du projet. Cette politique a permis de réduire les cycles de test de 43%, les charges de 30% pour une automatisation de 70% des tests.

Création d’un centre de test offshore pour améliorer les services aux usagers

Au sein de SCGIB (Société Générale Corporate & Investment Banking), l’industrialisation des tests a été amenée par le besoin de qualité logicielle offerte aux utilisateurs. Elle s’est, ainsi, construite autour d’une culture commune du test avec la création en Inde d’une usine de tests, transverse à l’ensemble des métiers. Les facteurs clés pour une externalisation réussie des tests à la SCGIB furent de conserver dans l’entreprise la conception des tests (le design) ainsi que la gestion des services. Retenons que 30 automates ont été installés pour 30 applications pour une équipe de 30 personnes.

Investissement dans les méthodes agiles pour répondre rapidement aux besoins des utilisateurs

Le responsable Etudes Informatiques de GEFCO nous a fait part de sa belle expérience des méthodes agiles : construire un bouclier de test dès le départ du projet afin de répondre à la problématique des délais des tests de non-régression dans un processus de livraisons rapides. Il faut aussi, nous explique GEFCO, veiller à sécuriser ce bouclier et à le faire évoluer. Bon à savoir : La méthode du pilotage par les tests ou ATDD s’inscrit en amont des usines de tests. GEFCO a grandement allégé la recette opérationnelle, grâce aux tests bimensuels faits directement par les utilisateurs. Au final, le Time to Market a été divisé par 3.

Au travers des retours d’expérience obtenus, nous notons que la création d’une usine de tests, quelle qu’elle soit, s’impose progressivement au sein des organisations. Elle se déploie en plusieurs étapes :  une sensibilisation forte auprès des directions générales de l’entreprise, une formation des équipes opérationnelles confondues (fonctionnels, développeurs et testeurs), une refonte des processus, de l’organisation et un processus d’enrichissement du système après sa mise en place.

Pour finir, nous pouvons conclure sur deux points. D’abord, les pratiques des sociétés présentes nous montrent que ces usines de tests pourraient, sans débat possible, passer du statut de centre de coût à centre de profit pour l’entreprise en 2011. Enfin,  l’Agilité au sens large, et notamment le pilotage par les tests (ATDD) devrait prochainement faire échos aux oreilles des entreprises banque & assurance parce qu’il répond aux problématiques de qualité et de time to market imposés dans le secteur, comme nous l’a bien démontré l’industriel GEFCO.