Au fil des dernières décennies, nous sommes passés progressivement de l’ère de l’informatique personnelle, à celle d’une informatique en réseau, avant d’entrer dans l’ère de la mobilité. Face à l’explosion des offres et des projets liés à la mobilité, il est intéressant d’analyser ce phénomène au sein de l’entreprise afin de mieux comprendre la tendance et l’impact sur son développement.
La notion de mobilité englobe à la fois l’équipement en terminaux mobiles (ex : smartphones, tablettes…), mais également les services associés à ces équipements (ex: applications).

L’objet de ce billet est de répondre simplement aux trois questions suivantes :

  • La mobilité est-elle une contrainte ou une opportunité pour le développement de l’entreprise ?
  • Toutes les typologies d’entreprises ont-elles intérêt à s’engager sur la voie de la mobilité ?
  • Quels sont les risques ou les erreurs à ne pas commettre lors de son passage à la mobilité ?

 

Quelques chiffres sur l’équipement des foyers

Selon le baromètre trimestriel du Marketing Mobile en France, les ventes de tablettes représenteront en 2014 plus du double de celles de PC portables, qui tendent à diminuer régulièrement depuis 2011. En parallèle, la part des smartphones dans les ventes de mobiles atteint 71% fin 2013, ce qui correspond désormais à un Français sur deux (de 11 ans ou plus) : le smartphone est un véritable hub de la vie numérique pour l’utilisateur.

 

mobilite(© Mobile Marketing Association France – 2014 / GfK)

La mise en place du très haut débit 4G, souscrit volontairement ou imposé par les opérateurs, auprès de 21% des Français équipés de smartphones leur permet également de consommer l’information jusqu’à  5 fois plus vite. Cette soif d’information n’est pas prête de s’assouvir avec la révolution des objets connectés (smartwatches, bracelets, Google glass…) déjà en marche.

Cette révolution se développe dans les domaines suivants :

  • la santé :
    • traqueurs d’activité,
    • équipements médicaux : balances connectées, tensiomètres connectés…

Saviez-vous que 6% des français étaient équipés d’une balance connectée?
http://www.20minutes.fr/high-tech/1314106-objets-connectes-5-balances-qui-font-le-poids

  • la maison :
    • thermostats intelligents,
    • domotique associée à la box,
  • la géolocalisation :
    le système de positionnement iBeacon, permet par exemple de transmettre des informations personnalisées aux consommateurs dans les magasins, et de payer sans sortir leur portefeuille.

 

Quelques chiffres sur l’utilisation du mobile

Le mobile devient un moyen de rester connecté en permanence, quel que soit le lieu où l’on se trouve, que ce soit à des fins personnelles ou professionnelles.
Toujours d’après ce baromètre, plus de 79% des mobinautes ont un accès quasi-quotidien de l’internet mobile (chez eux, dans les transports, au travail…). Avez-vous remarqué la proportion croissante d’usagers du métro / RER plongés dans leur Candy Crush Sage, Angry Birds ou Clash of Clans ?

79% des salariés affirment rester en contact avec leur travail en dehors des heures ouvrées (source OBS, Bearing Point et TNS Sofres).

D’un point de vue commercial, on constate que les internautes ayant l’habitude d’acheter en ligne depuis quelques années sautent le pas et sont maintenant plus enclins à acheter via leur mobile.

 

La mobilité est-elle une contrainte ou une opportunité pour l’entreprise ?

Cette tendance a des conséquences sur les modes de travail des entreprises. La généralisation et la sophistication des nouveaux « périphériques », l’augmentation de leur mémoire, couplée au développement des connexions sans fil ont naturellement conduit à l’apparition du « Bring Your Own Device (BYOD) ». Cette pratique, développée dans un quart des entreprises françaises, consiste à utiliser ses équipements personnels dans un contexte professionnel.

Pourtant, certaines DSI y voient une menace potentielle de sécurité pour leur système d’information. Comment garantir parfaitement la sécurité de l’information et la protection des données ? Le défi est à la fois de protéger les données de l’entreprise, mais également celles des clients et des salariés, et de se protéger des cyberattaques. Cette problématique est d’autant plus vraie depuis la mise en place du Cloud. 

cloud

Pour répondre à ces nouveaux enjeux, l’entreprise doit décliner sa politique de sécurité à l’échelle individuelle, et indiquer qui est responsable d’administrer ses périphériques privés.

Pour autant, cette pratique du BYOD est plébiscitée par le personnel qui devient plus flexible et réactif. La productivité des salariés utilisant leur propre équipement est améliorée, contribuant ainsi à l’augmentation de compétitivité des entreprises.

La mobilité participe également à l’accélération des prises de décision dans l’entreprise grâce à la continuité du workflow. Il y a quelques années, si le décideur était en déplacement, une demande restait bloquée sur son bureau en attendant son retour. Aujourd’hui, le décideur peut traiter des demandes variées en parallèle, qu’il soit en déplacement ou à son bureau.

Les aspects sociaux et juridiques doivent également être clairement établis avec les salariés (possibilité de télétravail, responsabilité en cas de vol ou de perte…).

Si les applications de mobilité les plus répandues sont encore des applications transverses (ex : messagerie), les entreprises comprennent l’intérêt d’intégrer la mobilité dans le développement des applications métiers.

Cette consumérisation de l’IT constatée à travers la mobilité est donc une opportunité économique pour l’entreprise, à condition de définir des politiques internes claires et respectées. Elle permet de développer l’autonomie des salariés tout en favorisant leur nomadisme.

  

Toutes les typologies d’entreprises ont-elles intérêt à s’engager sur la voie de la mobilité ?

Quelle que soit leur taille, toutes les entreprises sont impactées par la mobilité : il ne s’agit plus de savoir s’il faut s’y engager, mais comment.

Encore plus qu’auparavant, les utilisateurs et les métiers doivent être consultés, car ce sont les usages métiers faits par ces technologies qui doivent dicter les investissements de l’entreprise. Ce passage vers l’ère de la mobilité est relativement intuitif pour les grandes entreprises. Les plus petites doivent s’adapter en ouvrant leur système d’information à l’extérieur et en augmentant sa disponibilité. Afin de répondre à ces problématiques, beaucoup de PME s’orientent alors vers le cloud.

typologie entreprise

En termes d’investissement, les enjeux sont essentiellement liés à la sécurisation des outils, ainsi qu’au choix de l’infrastructure (ex : passage à la 4G nécessaire ?). La sécurisation des outils mobiles devient indispensable pour les entreprises dotées d’une flotte d’au moins cinquante devices ou davantage.

Les solutions choisies doivent permettre de traiter les informations de manière synchronisée afin d’éviter la double saisie. Au-dela de la dimension temporelle, l’information doit parfois être géolocalisée pour certaines activités (ex : transport – distribution). L’activité de l’entreprise est donc un facteur qui doit être pris en compte avant d’engager des investissements vers la mobilité.

  

Quels sont les risques ou les erreurs à ne pas commettre lors de son passage à la mobilité ?

Au-delà du manque classique d’accompagnement au changement, un projet d’application mobile peut s’avérer un échec pour plusieurs raisons : 

  • Fonctionnelles :

La conception doit reposer sur des processus métiers, et pas sur un choix technique tel qu’un terminal spécifique. Afin d’impliquer les utilisateurs au projet, il faut analyser chacun de leur processus et voir comment les décliner de manière pérenne, indépendamment d’une technologie (vite obsolète). Les processus existant doivent être rationalisés, afin d’y ajouter de la valeur.

  • Organisationnelles :

Une fois ces nouveaux processus élaborés, il est indispensable de mettre l’accent sur la conduite du changement, afin que cette transformation soit acceptée par tous, et que les différents métiers deviennent force de propositions plutôt que force d’inertie face au changement.

  • Techniques :

Les solutions doivent anticiper l’évolution des terminaux tout en rendant l’application fonctionnelle sur de nouveaux terminaux utilisant des réseaux variés. Comme pour un projet classique, l’infrastructure doit être optimisée pour faciliter la maintenance et l’évolution applicative.

 

En résumé, le passage à la mobilité est une transformation avantageuse pour l’entreprise à condition de respecter certains prérequis. L’utilisation des méthodes agiles pour mener cette transformation est particulièrement intéressante car elle favorise la collaboration entre les différentes parties prenantes, source de succès.