J’ai pu cette année, après quelques années d’interruption, reprendre une de mes activités favorites : la croisière à la voile. Et cela s’est encore très bien passé. Merci à mes coéquipiers. Un programme défini en commun au début de la quinzaine puis respecté par la suite. Une adaptation journalière aux contraintes de la météo. Au final, un équipage heureux et promettant de se revoir pour de nouvelles croisières.Tout le contraire de certains projets informatiques auxquels j’ai participé ces dernières années. Objectifs peu clairs donc forcément non atteignables, équipe peu motivée sauf à changer de projet. Et au final, un grand gâchis financier et parfois humains.


Mais pourquoi deux activités ayant autant de points communs se traduisent par des résultats aussi contradictoires ?

Cela fait maintenant plus de 15 ans que je pratique la navigation et plus de 20 que je participe à des projets. Et le constat est sans appel, TOUTES mes croisières ont réussies. Aaaaaaah les Cyclades en septembre, un vrai bonheur. Quant aux projets, vous vous doutez bien que ce n’est pas la même histoire. Budget explosé (pas dépassé mais bien explosé), ou pire, projet s’arrêtant net après plus de 10 millions d’euros dépensés et se terminant au tribunal.

Quelles leçons en tirer ?

Tout d’abord connaître son équipage et avoir confiance dans ses capacités.L’équipage d’un voilier ne se connaît pas forcément avant d’appareiller,c’est également le cas sur beaucoup de projet. Et pourtant dans tous les cas l’équipage aura passé du bon temps, progressé durant la croisière et voudra certainement se revoir après. C’est beaucoup plus rare lors d’un projet.La confiance dans son équipage est un élément clé de réussite d’une navigation mais également d’un projet. Depuis la rédaction du manifeste agile, les choses sont pourtant clairement écrites. Un manager qui ne croît pas en son équipe devrait rendre immédiatement les clés du projet. Cela éviterait bien des échecs.Au début d’une navigation, le skipper ne connaît pas son équipage, il doit donc très rapidement évaluer les points forts et faibles de celui-ci afin de répartir au mieux les rôles à bord. Rôles qui ne sont pas figés, mais qui permettront lors de conditions météo difficiles de prendre les bonnes décisions en connaissance de cause. Que fait donc un skipper, il sait que des conditions dures peuvent survenir, il les anticipe donc. Et le chef de projet lui, que fait il ?

Apprentissage du skipper

On ne naît pas skipper, chef de projet non plus. L’apprentissage est nécessaire et  peut se révéler très long. Car la théorie ne suffit pas, l’expérience est primordiale. Se repérer grâce au soleil à l’aide d’un sextant est une activité enrichissante mais au final peu utilisé à notre époque. La pratique de la navigation côtière,  le travail sur la carte à table lors de navigation de nuit ne se passeront bien qu’à force de pratique. Idem concernant la gestion de projet, la communication avec les métiers ou l’anticipation des risques ne s’acquièrent qu’avec l’expérience et suite aux écueils rencontrés.

Se faire plaisir

Lors de la première rencontre d’un skipper avec son équipage, il est courant de demander à chacun ses objectifs concernant sa venue. Le mien est le plaisir. Je pratique la voile pour me faire plaisir. Pour apprendre, pour progresser, pour rencontrer des personnalités différentes, pour admirer un soleil levant après une navigation de nuit un peu rude.
C’est le même objectif que j’essaye maintenant de mettre en avant lors d’un projet. Me faire plaisir. Par la compréhension du métier de mes clients, par la mise en production réussie d’une application, par le partage d’un repas avec l’équipe pour fêter tel ou tel événement.

Là c’est moi

Plus de plaisir pour moins d’échec, cela pourrait devenir ma devise.

Pour aller plus loin :

Les principes du manifeste agile
Association les Glénans
Pilotage par la Valeur
L’Agile est-il insoutenable ?