Comme beaucoup, je pensais, il y a quelques mois encore, que l’industrialisation se résumait à une question d’automatisation. Au cours d’un échange passionné, on me fit remarquer qu’une procédure manuelle parfaitement réalisée pouvait être aussi efficace qu’un automate, et bien souvent moins coûteuse. Suite à cette discussion, je décidais de revoir mon approche, et de l’approfondir.

Qu’est ce que l’industrialisation ?

En fait, l’industrialisation consiste à fabriquer un produit ou à offrir un service, de manière reproductible, en mettant œuvre des procédures standards. Dans un système complètement industrialisé, ces procédures fourniront toujours le même produit ou service.

Industrialiser manuellement ?

L’industrialisation ne passe pas uniquement par l’automatisation. Elle peut également avoir recours à des procédures manuelles standards, décrites explicitement.

Ainsi, l’automatisation nécessite le plus souvent d’importants investissements. Les délais de mise en œuvre sont généralement longs. Les bénéfices éventuels ne se font donc ressentir que tardivement. De surcroit, il est difficile d’opérer une automatisation sans pratique et sans connaissance préalable. Une phase d’étude préalable est donc nécessaire, ce qui augmente encore les coûts et les délais de mise en œuvre.

Une procédure manuelle a bien souvent un coût marginal et un délai de mise en œuvre court. L’investissement est minimal et les bénéfices générés sont immédiats. L’application de la procédure génère rapidement des retours d’expérience, qui permettent d’améliorer la procédure, là encore au prix d’un investissement minimal. L’expérience acquise peut permettre de préparer une automatisation avisée et argumentée.

L’industrialisation selon le lean

La démarche Lean est une approche d’industrialisation pragmatique, développée et mise en œuvre avec succès par le constructeur automobile Toyota. L’approche Lean s’appuie entre autres sur des standards.

Un standard est une procédure reproductible, qui peut être manuelle ou automatisée. Dans le Lean, l’investissement ne doit être réalisé qu’en dernier ressort. Or l’automatisation est bien un investissement. Les procédures manuelles sont donc bien souvent favorisées. Elles sont issues de l’expérience, et donc élaborées par les acteurs opérationnels. L’opérateur auparavant chargé d’appliquer les procédures standards devient alors un agent actif, capable d’analyser et de résoudre les problèmes sur la chaîne de fabrication.

Les standards sont partagés par tous. Les opérationnels remontent les axes d’amélioration, et élaborent de nouveaux standards. Le management diffuse les nouveaux standards, et veille à leur mise en œuvre.

Automatiser les développements ?

Trop souvent, on a voulu remplacer les développeurs par l’automatisation, au lieu de mettre l’automatisation au service de la productivité des développeurs. De surcroit, l’automatisation ne concerne finalement que les tâches nécessaires, cumulativement couteuses, et répétitives.

Au delà de procédures automatisées, les standards englobent également des procédures manuelles, des bonnes pratiques, et des patterns. Le partage et la capitalisation par les standards permet de produire de façon homogène, et d’améliorer en continue la qualité et la productivité.

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