Ah ! Vacances, quand tu nous tiens !

Fouinant dans ma bibliothèque, j’ai remis la main sur un livre de 1989 de Michel Crozier :

L’Entreprise à l’écoute
Apprendre le management post-industriel

Est-il toujours d’actualité l’ouvrage de cette époque où les téléphones portatifs fort coûteux s’appelaient Radiocom 2000 ? A-t-on tiré enseignement de ces préconisations en ce début du XXIe siècle ?

Je l’ai relu en ayant pour objectif d’en ressortir les écarts après 20 ans.

Ce livre, qui s’appuie sur différentes enquêtes sociologiques couvrant les années 1984 à 1987, donne un éclairage sur ce que nous appelons aujourd’hui les modes de management.

Certes, on y trouve des termes quelque peu surannés tels ‘DPPO’, ‘patron’, ‘mobilisation ouvrière’ ; mais, on y trouve aussi beaucoup de sujets sur lesquels nous glosons toujours aujourd’hui. Ainsi, extrait du chapitre ‘Les conditions de la réussite’, abordant les processus d’amélioration de la qualité :

Les patrons découvrent avec étonnement la capacité des membres les plus modestes de leur personnel à résoudre des problèmes. Les subordonnés se sentent valorisés […] Ne parviennent à trouver un second souffle que celles [les entreprises] qui ont réussi à engager les cadres eux-mêmes dans le processus, à les rendre responsables.

Le mode coopératif est en quelque sorte promu simplement par le fait que ceux qui font sont les mieux placés pour trouver une nouvelle façon de faire, pourvu qu’on leur indique les enjeux et l’objectif. C’est le rôle des leaders d’être porteur de sens, donc de communiquer.

Je ne dis pas, loin s’en faut, que c’est le seul mode qui vaille. Le mode directif et le mode ressources ont, selon les époques d’un projet ou d’une transformation, leur intérêt. Ils sont même incontournables.

Le mode directif reste toutefois particulier ; il est toujours en nous et se réveille :

  • parfois inopinément, du fait d’un jugement hâtif, ce qui est contre productif,
  • ou parfois trop tardivement, car d’un autre coté, notre vigilance ou notre courage est pris à défaut.

Gouverner, c’est prévoir, dit-on.

pour réussir dans le monde, retenez bien ces trois maximes : voir, c’est savoir ; vouloir, c’est pouvoir ; oser, c’est avoir.
Alfred de Musset, Chanson de Barberine (1836)

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