Lors de la dernière PDC 2008 à Los Angeles, Microsoft a dévoilé les dernières avancées sur Oslo, sa plateforme de développement guidé par les modèles.

Dans les épisodes précédents, j’avais tenté de répondre aux questions suivantes :

Aujourd’hui, je vais essayer montrer à quels besoins supposés ou avérés Oslo souhaite répondre.

La ville d’Oslo est très certainement un endroit magnifique à visiter, peuplé de gens charmants. Mais qu’en est-il du nouveau sujet d’étude de Microsoft ?

Vers les software factories ?

Oslo s’inscrit dans la droite ligne des software factories de Microsoft. L’objectif affiché est clair : améliorer la productivité des développements et la qualité des applications. Cet objectif passe en premier lieu par une meilleure collaboration entre analystes et développeurs.

On peut légitimement se poser la question du positionnement d’Oslo par rapport aux DSL Tools. De toute évidence, cette dualité ne résistera pas au temps, et les deux fusionneront probablement. Dans sa stratégie, Microsoft souhaite laisser le temps à Oslo d’arriver à maturité, de manière indépendante, avant d’envisager toute fusion.

Où en sont les outils ?

Oslo est, à vrai dire, séduisant, notamment au travers du langage M, composé des 3 sous-langages MSchema, MGrammar, et MGraph. Le terme de ‘langages M*’ serait d’ailleurs plus adapté. Les langages sont intéressants et suffisamment intuitifs pour progresser facilement. Il ne suffit que de quelques heures à un néophyte pour créer son DSL.

Oslo est cependant loin d’être terminé. Ma curiosité a certes été titillée, mais j’aimerais maintenant en voir un peu plus dans la prochaine mouture. Cela passe notamment par une meilleure finition d’Intellipad, qui est au départ très déroutant, et une première intégration à Visual Studio. Cela passe également par une première version de Quadrant, et des API améliorées pour mieux intégrer les DSL dans les applications.

Et c’est pour qui ?

Enfin, Oslo apparait en avance par rapport aux besoins actuels des applications, notamment d’entreprise. Il s’inscrit dans une nouvelle approche que l’équipe de développement moyenne n’est peut-être pas encore prête à assimiler. Le sujet de recherche n’est d’ailleurs pas nouveau, et on sent quelque peu l’influence académique dans le projet.

On imaginerait bien Microsoft illustrer sa démarche en l’appliquant à son propre framework, et proposer un DSL pour Workflow Foundation, Windows Communication Foundation ou bien encore Windows Presentation Foundation.

Oslo est ambitieux. Pas de doute. Mais, ne risque-t-il pas de créer un fossé entre les développeurs, un peu à l’image d’une course de vélo ? Quand vient le col, la queue du peloton peine au risque d’abandonner. Peut-être vaudrait-il mieux renforcer certains fondamentaux, pour n’égarer personne en route.

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