C’est une pratique encore un peu trop présente dans le monde de l’entreprise. Il est donc tout naturel de la retrouver dans le domaine de l’Informatique. Pour ceux qui se demandent ce qu’est une ‘patate chaude’, mis à part l’évidence d’une pomme de terre sortant du four, en voici une définition. C’est une question embarrassante, une situation désagréable, un problème, que l’on fait passer à un autre, afin d’éviter d’avoir à y faire face.

Lors de nos interventions, il nous arrive souvent de rencontrer ce genre de contexte, où l’on rejette toujours la faute chez l’autre. Ce comportement est bien sûr contre-productif. D’autant que, dans la très grande majorité des cas, aucun élément ne permet de prouver la responsabilité de l’une ou l’autre des parties. Ainsi, on demeure dans un cercle vicieux, où plus personne ne se fait confiance.

S’il est un domaine, où le principe de la patate chaude s’applique bien trop souvent, c’est bien celui des problèmes de production, qu’il s’agisse de performance, ou de fiabilité.

Chercher l’origine du problème, plutôt que le responsable…

Pourtant, mettre en place des outils de diagnostic en environnement de production permet bien souvent de diagnostiquer l’origine du problème, plutôt que de chercher un responsable. Les outils de diagnostic peuvent s’incarner, dans leur plus simple expression, par des journaux de log, ou bien, par des outils beaucoup plus évolués de supervision, de monitoring, ou de profiling.

L’essentiel est de récupérer une information pertinente. Ainsi, il n’est souvent pas nécessaire de journaliser tout, à tout moment. La quantité d’information retournée deviendrait alors rapidement inexploitable. Au contraire, il est préférable de choisir la bonne information, et d’adapter le niveau de finesse en fonction des besoins de diagnostic.

Frein de performance dans une application web

Plus concrètement, prenons l’exemple d’une application web.

Quand il utilise l’application, l’utilisateur perçoit un temps de réponse, qui est en fait la somme de plusieurs couches. Le fait que l’utilisateur reçoive sa réponse en 10 secondes environ (alors qu’il est censé la recevoir en moins de 2 secondes) permet de constater le manque de performance de l’application. Pour autant, cela ne fait guère avancer le schmilblick ! En revanche, il est nettement plus utile de constater qu’il a passé :

  • moins d’une seconde au niveau du serveur web,
  • environ 1 seconde dans le serveur d’application,
  • environ 8 secondes au niveau de la base de données.

Le second constat permet d’identifier beaucoup plus rapidement l’origine du problème, dans ce cas, vraisemblablement la base de données.

Superviser et monitorer

Que se soit au moyen de la journalisation, ou bien via des outils de supervision ou de monitoring plus évolués, il est primordial d’avoir une vision claire et précise de son environnement de production, au sein du système d’information. On peut alors cesser de perdre son temps à se renvoyer la patate chaude, et consacrer son énergie à résoudre rapidement les problèmes.