J’en ai rencontré des projets qui fournissent à leur donneur d’ordre (client interne ou externe, hiérarchie …) de merveilleux tableaux, ou plutôt, de nos jours, des courbes (c’est plus ‘paillettes’), finalement peu intéressants, voire obsolètes, d’un point de vue opérationnel.

La ‘meilleure’ que j’ai croisée, c’est un point d’avancement comportant d’élégants graphiques. On y voyait, la progression prévisionnelle initiale d’au moins 5 indicateurs différents, complétée de la situation des réalités jusqu’à la dernière revue (j’emploie ce dernier mot avec prudence !). Il fallait se gratter la tête pour comprendre cette douzaine de courbes sans la moindre légende.

Mais quid de leur projection vers la cible ? Rien ! Aucun ‘reste à faire’ !

Peu d’indicateurs, mais les bons

Piloter un projet, quel qu’il soit, n’est-ce pas, avant tout, disposer de peu d’indicateurs ? Bien sûr, ils devraient être immédiatement interprétables, sans ambigüités, donc utiles, utilisables, précis et opportuns, permettant ainsi de se projeter immédiatement à la cible, la fin du chantier.

Notre job de pilote n’est-il pas de prendre des décisions basées sur deux indispensables :

  • des mesures fiables (mais, nous sommes d’accord, ce ne sont que des estimations actualisées explicables par des hypothèses, lesquelles ont conduit les évaluateurs à ces valeurs …),
  • des règles de gouvernance.

Notre angoisse de tous les instants, ce n’est pas de se tromper, mais de rester en mesure de rectifier ultérieurement ces erreurs d’appréciation ; les mesures régulières (dans les deux acceptions du terme, c’est-à-dire périodiques et pro) sont là pour nous y inviter. Quant à notre crainte quotidienne, c’est de ne pas savoir décider … ou ne pas pouvoir décider, faute d’éléments tangibles, ou d’évaluations fondées sur des hypothèses exprimables.

Les bons outils

Que fait régulièrement le Chef de quart sur son navire, le Commandant de bord dans son aéronef, pour autant qu’il ait son plan de route, et fasse le point suffisamment souvent ? Il utilise de bons instruments (radars, sonars, calculateurs satellites, etc.) pour connaître sa position et son environnement réel. En regard de ces données, il adapte son cap et sa vitesse. Mais, son flair (ses yeux, ses oreilles, son expérience, un vrai sextant jamais en panne) reste aussi un fort discriminant.

Plus ou moins élaborés, ces outils sont toujours adaptés à leur mission, et s’apparentent dans notre métier à MS Project ou Primavera, par exemple.

Morale de l’histoire

Pantagruel de Rabelais, revu par mes soins, après 5 siècles :

PMO sans conscience n’est que ruine de l’aim (le but, l’objectif).

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