Dans le dernier billet, un bug grave avait été découvert sur une des solutions de e-commerce. À la sortie du débriefing, David et Mathieu échangent à la machine à café.

David : Je te paie un café, Mathieu.

Mathieu : Je veux bien… Au fait, comment ce bug s’est retrouvé en ‘prod’ ?

M. : Je sais pas. C’est pas la méthode ? Scrum ? Tu sais, David. Depuis le début de ce projet, je rentre tard. J’ai toujours l’impression d’être sous tension. Je trouve que c’était plus tranquille avant.

D. : Mathieu, tu as la mémoire courte. Tu te souviens à l’époque. Vers la fin du projet, on finissait tous les soirs à minuit. Et après la livraison, c’était la même chose pendant 2 mois, pour corriger les bugs.

M. : Oui, mais au moins, on était tranquille pendant 6 mois, 1 an.

D. : Forcément, la recette, on la fait à la fin. Tant qu’y a pas de recette, y a pas de bugs. Et tant qu’y a pas de bugs, y a rien à corriger. Et pour le client, tant qu’y a pas de recette, y a pas de logiciel.

M. : Donc, en ce moment, on fait une recette tous les 15 jours.

D. : Oui, ça tient de ça. Et en plus, le client est content. Il voit son logiciel tous les 15 jours. Il peut dire si ça lui va.

M. : Et si ça lui va pas ?

D. : Au pire, on a peut être perdu quelques jours de développement. Mais, au moins, on peut corriger le tir tout de suite. Il vaut mieux le faire au bout de 15 jours que de 6 mois.

M. : OK, on voit les bugs et les anomalies fonctionnelles plus tôt. Et c’est pas pour ça qu’on en a moins.

D. : L’équipe de test a raison. Son boulot, c’est la recette, pas de debugger. On livre du code qui marche pas bien. On leur fait perdre leur temps. C’est pour ça qu’ils ont loupé l’anomalie. Nous aussi, on doit tester.

M. : On teste comment ? Ça prend un temps fou.

D. : C’est pour ça qu’il y a les tests unitaires. On code les tests, et on peut les rejouer quand on veut. Au lieu de les refaire à la main… Imagine le nombre d’anomalies que l’on pourrait détecter avant de livrer… L’équipe de tests s’occuperait seulement des anomalies fonctionnelles. Elle pourrait couvrir toute l’application.

M. : Mais finalement on pouvait tout aussi bien discuter avec le fonctionnel, quand on a eu un doute. Le problème, c’est qu’il est au 12e étage. Et on n’arrive pas toujours à le joindre au téléphone.

D. : Pour ne rien te cacher, j’ai pas mal discuté avec lui. Il devrait bientôt nous rejoindre.

M. : Ah ! La situation s’améliore !

D. : Et c’est pas fini.

M. : Fin de la timebox café ! Retour au boulot.

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